Choisir son nom de domaine quand on crée son entreprise
- Rédigé par
- Antoine Lachaize, Webastide
- Cas traité
- un maçon qui crée sa SARL, Agen
- Sources
- AFNIC, INPI, Légifrance (6 documents)
- Publié
- 23/09/2026 · lecture 5 min
Mathieu a 41 ans. Après vingt ans de chantiers comme salarié, il vient de créer sa SARL de maçonnerie à Agen. Avant de faire créer le site de son entreprise, il doit choisir son nom de domaine : l'adresse que ses clients taperont pour le trouver. En résumé, il lui faut un nom court et facile à dire, libre de droits, et enregistré au bon nom. Voici les cinq étapes, dans l'ordre où il faut les faire.
Pourquoi réserver son nom de domaine dès la création ?
Un nom de domaine « profite à la première personne qui en demande la réservation ». C'est la règle du « premier arrivé, premier servi », rappelée par l'INPI dans sa fiche sur le nom de domaine, qui précise que ce n'est pas un titre de propriété industrielle.
Immatriculer sa société ne réserve donc pas l'adresse correspondante. Mieux vaut l'enregistrer le jour où l'on arrête le nom de l'entreprise, plutôt que de découvrir, au moment de faire le site, que quelqu'un l'a prise.
Comment trouver un nom facile à dire au téléphone ?
Un artisan donne son adresse au téléphone, sur un devis, sur la portière de sa camionnette. L'étude menée pour l'AFNIC en 2016 auprès de 36 utilisateurs est nette : les noms courts sont lus et saisis plus vite, et les tirets ralentissent fortement la saisie, surtout sur mobile. Le tiret ne devient utile qu'au-delà de deux mots.
Mathieu retient donc maconneriemathieu.fr, sans tiret. Reste un piège propre à son métier : son adresse s'écrit sans cédille. Un second travail de l'AFNIC, publié en 2018, conseille de privilégier les mots qui « s'écrivent simplement et si possible comme ils s'entendent », et d'épeler les autres. Au téléphone, Mathieu dira « maçonnerie sans cédille, Mathieu, point fr ».
.fr ou .com : quelle extension choisir ?
Pour une entreprise qui travaille en France, le .fr a un avantage mesuré par la même étude de 2016 : quand un nom est peu connu, les internautes ajoutent « .fr » pour tomber directement sur le site officiel en français. D'après le guide pratique du titulaire publié par l'AFNIC, il est ouvert à qui réside dans l'Union européenne, en Islande, au Liechtenstein, en Norvège ou en Suisse.
Le .com n'est pas interdit pour autant. L'étude observe que plus un nom est long, moins l'extension est tapée, avec une bascule vers 7 ou 8 caractères. Avec ses 17 caractères, Mathieu dépasse ce seuil : l'étude conseille alors d'enregistrer le nom sous plusieurs extensions.
Comment vérifier que le nom est libre ?
Une adresse disponible n'est pas forcément libre de droits. L'article L45-2 du Code des postes et des communications électroniques permet de refuser ou de supprimer un nom « susceptible de porter atteinte à des droits de propriété intellectuelle », sauf intérêt légitime et bonne foi.
Avant de payer, Mathieu fait donc deux vérifications :
- la disponibilité de l'adresse, auprès d'un bureau d'enregistrement ;
- l'absence de marque identique, dans la base Marques de l'INPI.
Cette recherche « à l'identique » n'est qu'un premier niveau. En cas de dépôt de marque, l'INPI recommande de la compléter par une recherche de similarités.
À qui doit appartenir le nom de domaine ?
C'est la question à régler avant de payer. Le titulaire est la personne « qui figure comme tel dans la base Whois et qui détient ainsi les droits associés », explique l'AFNIC. Son guide cite deux cas fréquents : le salarié qui enregistre le domaine à son nom puis quitte l'entreprise, et le prestataire qui l'enregistre « en son nom en lieu et place de son client ».
L'AFNIC invite à se demander qui doit avoir les droits sur le nom, qui pourra décider de le vendre et qui sera responsable en cas de litige. Pour Mathieu, la réponse est sa SARL, pas lui à titre personnel.
Si un prestataire gère l'adresse pour vous, faites écrire au contrat ce qu'elle devient le jour où vous partez. Dans mes conditions générales de prestation, à la fin du contrat et une fois les sommes dues réglées, je transfère le nom de domaine vers le prestataire de votre choix, sans frais, sur demande écrite dans les trente jours. Je l'explique aussi sur la page du suivi de site internet.
Que se passe-t-il si on oublie de le renouveler ?
Un nom de domaine s'enregistre pour une durée limitée. À l'échéance, l'AFNIC prévoit une « période de rédemption » de 30 jours, pendant laquelle la suppression reste réversible. Passé ce délai, l'adresse retombe dans le domaine public, et le premier qui la demande l'obtient.
Pour un artisan dont le site commence à être bien placé, la perte est lourde : l'AFNIC décrit une « longue phase de négociation voire de litige » avec le nouveau titulaire. Notez la date d'échéance dès l'enregistrement, ou faites écrire au contrat qui s'occupe du renouvellement.
Par où commencer ?
Un nom court et facile à dire, une extension adaptée, une vérification à l'INPI, un titulaire clairement identifié et une date de renouvellement notée : ce sont les cinq réflexes pour bien choisir son nom de domaine quand on crée son entreprise. Mathieu les a suivis avant d'ouvrir son premier chantier.
Le nom de domaine n'est qu'une des décisions du lancement : je détaille les autres dans ma page sur le site d'une nouvelle entreprise. Et si vous êtes dans le cas de Mathieu, parlons de votre projet.